| L'attitude face aux puissances |
| Écrit par David "Zeb" Cook | |||
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Puisque les Plans Extérieurs accueillent la plupart des puissances connues des mortels, on comprend que les aventuriers s'attendent à les côtoyer d'une manière ou d'une autre. Sigil regorge d'histoires où des affranchis se jouent de tel ou tel dieu, volent des trésors divins ou entreprennent une grande quête assignée par leur grossium. Un bige devra se méfier de la personne qui lui raconte ces belles histoires, car elles ne sont que cela, en fin de compte : de belles histoires.
Voilà la chanson : un affranchi sur dix mille a vu une des puissances supérieures ; parmi ceux-ci, un sur cent a agi pour ou contre elle ; de ceux-là, un sur dix a survécu ; et de ces derniers, un, et un seul, a joué un air au dieu en question. On le reconnaît vite - il a l'oeil du lapin face à l'arc bandé et jamais, au grand jamais, il ne quitte le havre de Sigil. Le soltif, c'est que les puissances n'ont guère pour habitude d'aller parler à des gens normaux, parce qu'elles évitent toute intervention directe dans le cours du multivers - cela pousserait forcément d'autres puissances à réagir. Bonnes, mauvaises, loyales, chaotiques, les puissances ont créé le multivers, et elles savent que la confrontation est le plus sûr moyen de tout gâcher. Si elles s'y sont essayées, en un temps immémorial, elles se seront rendu compte que personne ne gagne à ce jeu-là. Oh, elles tâchent bien de se mêler des affaires des autres par le truchement de leurs fidèles respectifs et d'attirer des royaumes dans leur escarcelle, bref, d'oeuvrer dans l'ombre, mais elles se gardent d'opérer au grand jour, par peur des représailles de leurs semblables. Toutes se souviennent de la dernière divinité qui a voulu se hausser au-dessus de sa condition - Yavass, le Seigneur des Tyrans. Son corps moisi dérive dans l'Astral, et chacune a compris l'avertissement. Cette politique de non-intervention les conduit à créer leurs potentiaires, des serviteurs qui exécutent leurs décisions. Cela fait partie du jeu. Si une puissance n'a pas le droit d'agir en personne, rien ne l'empêche d'envoyer un potentiaire à sa place. Bien sûr, là aussi, il y a des limites. Il ne faut en général pas être grand clerc pour deviner quelle puissance a envoyé une armée de potentiaires enfoncer la porte d'entrée, et la puissance insultée n'a plus alors qu'à trouver un moyen de se venger. Même avec les potentiaires, la subtilité est donc de mise. En de RARES occasions, une puissance peut recruter un agent mortel, voire un personnage-joueur. Il reste peut-être des biges pour croire que les puissances s'occupent des mortels, mais c'est plus compliqué. Comme les êtres de chair ne savent pas garder un soltif, les divinités ne leur confient que rarement la vérité. Elles préfèrent duper les mortels, amener ceux-ci à leur apporter une aide inconsciente, et encore s'y risquent-elles de loin en loin. Il est encore plus rare qu'une puissance se révèle à un être de chair. Ces privilégiés sont des parangons de la qualité préférée de la divinité. On est choisi pour l'orthodoxie de ses croyances, pour la constance de sa loyauté, pour son génie en matière de traîtrise. De pauvres bougres, devant l'éclat de leur dieu dans toute sa gloire, en sont restés azimutés ; la plupart meurent en accomplissant leur quête ; les autres n'obtiennent jamais la récompense promise. À la grande loterie du service rendu au divin, presque personne ne tire le bon numéro. Il y a quelques fous à Sigil qui prétendent avoir personnellement invoqué une puissance ou l'avoir tuée. Ce sont des mensonges. On ne peut pas rendre visite aux puissances, ni discuter le bout de gras avec elles. Tout mortel qui rencontre une puissance le fait à l'initiative de celle-ci. Pour sûr, un péquin peut aller voir les temples de l'Olympe et même les visiter, mais cela ne signifie pas que Zeus lui a ouvert la porte. Les puissances sont inaccessibles, bige. Personne (à l'exception d'un grand groupe d'autres puissances) ne tue jamais une puissance. Après tout, ce sont des immortels, liés à l'essence même de leur plan. Il peut exister une faible chance de détruire le corps d'une puissance - mais même cela ne suffit pas à la tuer. Après un certain temps, le dieu réapparaît avec tous ses pouvoirs et tous ses souvenirs. Faut se faire une raison : les chances d'en arriver là avec une puissance sont infinitésimales. Les puissances sont exactement ce que leur nom indique : puissantes. Dans leur propre royaume, elles sont la loi universelle. Elles peuvent frapper d'une pensée, ou sans aucune pensée du tout. Aucun mortel n'a jamais atteint le statut d'une divinité. Et aucun ne le fera jamais. Car si cela était, il ne serait plus mortel. Voilà la véritable force des puissances.
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