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L'architecture
Écrit par Wolfgang Baur & Rick Swan, traductions par Lithoss et Szass   

Sigil est une cité bondée, recouverte, et incrustée de bâtiments. Avec ses 10 Km de diamètre et ses 22 Km de circonférence (tel qu'officiellement mesurée par l'Harmonium ; dans les faits, la Dame peut agrandir ou rétrécir la cité à sa volonté, à tout moment), Sigil est vaste, mais pas infinie.

 

Bien sûr, elle est assez grande pour contenir de nouvelles choses pour les plus anciens affranchis, mais l'étrange devient sitôt banal si un matois le voit assez souvent.
Même la vue n'est pas habituelle ; presque partout où un matois se tient, s'il regarde en l'air, il voit les bâtiments. Bien sûr, la fumée et la distance obscurcissent la vision à travers le centre creux, créant un arc gris avec quelques lumières.
Malgré la taille de la cité, elle semble toujours surpeuplée d'une manière ou d'une autre. De minuscules endroits qui dans une autre cité pourraient être des chambres de serviteurs ou des garde-manger sont des boutiques et des demeures dans Sigil, où chaque centimètre carré doit abriter quelques multitudes infinies.
Même les bâtiments s'entassent les uns sur les autres, et quelques rues sont entièrement isolées du ciel, leurs lumières pâles parsemant les murs imposants.

Bien que Sigil soit une cité très ancienne et que chaque surface disponible soit déjà occupée, de nouvelles rues, boulevards et cours sont constamment crées par les dabus bâtisseurs, et de nouveaux bâtiments viennent se greffer au sommet des anciens, créant des cryptes et des catacombes à profusion.
Bien qu'il soit impossible de connaître chaque rue et de connaître chaque changement, les matois ont besoin d'apprendre les motifs des bâtiments de Sigil, particulièrement pour les lascars qui vivent du côté sombre de la Loi.
Même un voleur qui connaît les dedans et les dehors des Cours de Justice et de la Prison peut faire une erreur. Une ruelle en cul-de-sac est tout ce qu'il faut pour qu'un chevalier de la gueuserie se fasse garrotter par l'Harmonium - ou au pire, garrotter et tuer par ceux qu'il a doublement gueusé.

Les lames et les pointes traditionnelles de Sigil définissent son architecture pour les planaires, partout dans le Grand Anneau.
Les lames de Sigil sont disposées pour l'apparence autant que pour la protection des intrus, et sont une partie intégrante des riches traditions ornementales de fer et de pierre de la cité. Les primaires remarquent les figures et les gargouilles construites au dessus des portes et sur les autres particularités de construction tels que les piliers et les gouttières, l'endroit le plus courant pour de telles décorations.
La pierre et le métal sont des matériaux de construction plus répandus que le bois importé ; après tout, le fer et la pierre peuvent être créé magiquement.
Cependant, le fer et la pierre des cases des grossiums ne sont certainement pas conjurés, mais importés à travers un des portails. La Pierre Noire de la Géhenne, le calcaire du Mont Céleste, et le marbre d'Arborée sont les plus populaires.

Les murs varient selon les bâtiments, mais les plus épais peuvent faire jusqu'à 3 mètres d'épaisseur. Les escaliers en colimaçon sont les plus courants ; la spirale s'enroule dans le sens des aiguilles d'une montre pour donner l'avantage à un défenseur droitier et entraver le maniement d'épée de quiconque le gravit (-2 aux jets d'attaque pour tout attaquant droitier).
Les toits sont généralement fait d'ardoises gris sombre.
La plupart des réalisations en métal de Sigil ne sont pas seulement ornementales ; elles protègent les masures qu'elles décorent. Portes et fenêtres sont hermétiquement scellées et protégées par des barreaux en métal, des serrures, et des grilles de fer fantaisistes recouvrent la plupart des fenêtres (du moins sur celles des demeures des grossiums).
Les pointes sur les surfaces planes des fenêtres et autres, empêchent les grands corbeaux exécuteurs gris et noirs de Sigil de s'y percher.

Les chiens de gardes typiques de Sigil, nommés Chiens Aoskiens, sont des créatures à deux têtes au tempérament désagréable. En plus de leur double mâchoire, ces chiens mortels au pelage blanc neige ou au teint pâle se targuent d'un épouvantable aboiement.
Les chevaliers de la gueuserie ne s'embrouillent jamais avec les chiens Aoskiens s'ils peuvent les éviter. La plupart sont muselés durant la journée et sont autorisés à vagabonder seulement la nuit.
Leur pâle apparence fantomatique et leurs réflexes mortellement rapides ont causé de nombreuses chutes d'hommes dans la rue depuis le deuxième étage, et beaucoup ont été reconnaissant pour la chute.
Enfin, l'aboiement des Aoskiens peut tétaniser un gueusard assez longtemps pour que la garde arrive.

Sous les rues elles-mêmes court un réseau de catacombes et de cryptes (principalement faites par les dabus, bien que les Hommes-Poussière ont aussi quelques grandes nécropoles partout dans la ville), mais aucun égout. Les plus anciennes cryptes sont là depuis un millier d'années, même si certains bibards affirment souvent qu'il y a des niveaux plus profonds, que les dabus ont rebouché.

Dans les meilleures parties de la ville, les fontaines publiques bouillonnent et murmurent, leurs pierres sculptées et leur fer moulé débitent des jets d'eau jour et nuit. L'eau est toujours pure, bien que parfois au goût très métallique ; de nombreux Cageurs préfèrent la bière, le vin, ou tout autre chose purifiée par la fermentation. Les fontaines arborent plusieurs aspects, des piliers ternes dont les simples robinets sont décorés avec le sceau du sculpteur ou de la fonderie, à la Fontaine Chantante dont les sons purs proviennent des éclaboussures de l'eau, du plus haut bassin métallique jusqu'au plus bas. Une diseuse de bonne aventure nommée Marianne la Noire (planaire, humaine, prêtre 5, Adorateurs de la Source, Neutre) prétend prédire le futur à quiconque boit à la fontaine. Cependant, peu viennent y boire, car les plus fidèles clients de la Fontaine Chantante sont les pigeons gris-vert de la cité, et leurs plumes flottent souvent sur l'eau.

En plus des fontaines publiques, la cité possède un certain nombre de puits publics. D'où provient l'eau du puit ? En fait, presque partout, du Plan Elémentaire de l'Eau, du Styx et du Fleuve Océan, de la Porte Lunaire d'Ysgard, des Limbes. La meilleure eau est celle puisée dans les puits qui coulent dans les mers d'Arboré et du Mont Céleste.

Dans les districts les plus riches, les rues sont toutes pavées, les demeures sont entourées de cours intérieures à ciel ouvert, dissimulées de la rue, et seulement accessibles par des ruelles étroites ou des passages couverts entre les bâtiments.
Bien souvent ces bâtiments sont protégés des voleurs par de grandes portes ou des herses qui sont fermées chaque nuit, faisant d'elles des petites forteresses en plein milieu de la cité. En temps de troubles ou d'émeutes, les portes des cours sont souvent protégées magiquement. Pour les grossiums du Quartier de La Dame, les cours intérieures peuvent servir de jardin, de cimetière familiale, ou de salle de bal à ciel ouvert.
En d'autres endroits tel que la Cour du Maréchal-Ferrant, les membres de guildes et les artisans traitent leurs affaires dans les cours. Pour les tanneurs et les teinturiers, cela devient vite salissant.
Ceux qui désirent l'intimité s'achètent des chiens Aoskiens et font pousser du lierre rasoir dans les cours ; les espaces ouverts dans les rues ne sont pas tous des refuges.