| Maintien de l'ordre |
| Écrit par David "Zeb" Cook | |||
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Dans un lieu où tout et tous peuvent se mélanger, il n'est pas rare que les esprits s'échauffent. Pour un baatezu mineur, il est très difficile de regarder la procession d'un tanar'ri majeur descendre la rue sans intervenir - un fiélon ne peut pas oublier la Guerre Sanglante si facilement. Bien entendu, les choses ne sont pas plus aisées pour les créatures bonnes. Beaucoup d'agathinons ont du mal à voir au-delà du fait qu'un bige n'est pas d'alignement bon. Et puis il y a les factions : chacune d'elles a son propre plan, qui n'inclut généralement pas ses rivales. La Dame des Douleurs
Le grossium de Sigil, le surveillant ultime de la Cage, c'est Notre-Dame des Douleurs. Elle n'est pas une femme et elle n'est pas humaine - personne ne sait exactement ce qu'elle est. La meilleure hypothèse est qu'il s'agit d'une puissance, et probablement d'une puissance majeure ; mais il existe également une théorie selon laquelle elle est un seigneur tanar'ri repenti - si tant est qu'une telle chose soit possible. Quoi qu'elle puisse être d'autre, elle est la Dame des Douleurs ; et pour les habitants de Sigil, tout le reste n'est que détail. La Dame (comme on l'appelle) se tient généralement à l'écart du sordide tohu-bohu de Sigil. Elle ne possède ni maison, ni palais, ni temple. Personne ne la vénère, et pour une bonne raison : ceux qui lui adressent des prières sont systématiquement retrouvés écorchés - un fait qui ne constitue pas un encouragement considérable pour des fidèles potentiels. On la voit parfois arpenter les rues de la ville, l'ourlet de sa robe frôlant à peine les pavés. Elle ne parle jamais. Ceux qui tentent de lui parler ou de la toucher se couvrent d'horribles entailles dès qu'elle pose son regard sur eux. Les rares fois où la Dame des Douleurs est de sortie, les petits malins se trouvent quelque chose à faire de l'autre côté de la ville. Son image finit par disparaître, et elle s'évanouit dans le néant. Les natifs de Sigil éprouvent pour elle un respect mêlé de terreur, car elle est la protectrice de leur foyer. Pour parler crûment, au niveau d'une campagne, la Dame des Douleurs n'est rien de plus qu'une icône qui cristallise l'ambiance du cadre de PLANESCAPE. Les personnage-joueurs ne doivent jamais avoir affaire à elle. Elle ne distribue pas de missions, n'accorde jamais de pouvoirs, et il est impossible de piller ses temples puisqu'elle n'en a pas. Si jamais vous lui faites faire une apparition, que ce soit juste pour renforcer l'aura de mystère de Sigil. D'un autre côté, sa seule présence rend toute chose possible. La Dame des Douleurs est censée être responsable de plusieurs des facteurs qui contribuent à faire de Sigil (et de tout le cadre de PLANESCAPE) ce qu'il est. C'est elle qui rend la ville sûre pour les aventuriers de tout niveau et qui bloque les puissances, elle encore qui empêche les sorts de portail de fonctionner et coupe Sigil du Plan Astral. C'est enfin elle qui crée les Dédales qui emprisonnent les conquérants potentiels de Sigil. Les dédalesLes Dédales sont la plus grande des punitions qui existent à Sigil, et la Dame les réserve aux pires menaces contre sa puissance. Ils font partie de la ville sans en faire partie, et aucun lascar sain d'esprit n'aurait envie de s'y aventurer, car ils sont les cagettes spéciales conçues par la Dame pour les assoiffés de pouvoir. Les Dédales sont, comme leur nom l'indique, des labyrinthes. Mais ils sont très différents des quartiers les plus fouillis de la Cage, bien entendu - sans quoi où serait la punition ? Pour commencer, ils ne font pas exactement partie de Sigil. Lorsque la Dame crée une nouvelle portion de Dédale, elle copie une petite partie de la ville - ruelle ou cour, par exemple - et en fait un minuscule demi-plan qu'elle projette ensuite au coeur de l'Ether profond. Là, la copie croît et se transforme jusqu'à devenir un labyrinthe inextricable ne possédant ni commencement ni fin : il se répète lui-même à l'infini (en fait, les Greffiers affirment que les Dédales font toujours partie de Sigil, même s'ils sont dans l'Ether ; de sorte que leur emplacement exact est déjà un casse-tête pour l'esprit). Un bougre condamné aux Dédales ne le sait jamais avant qu'il ne soit trop tard. Les Dédales peuvent se former autour de lui pendant qu'il se promène dans une partie particulièrement déserte de la ville. Le bougre peut tourner un coin de rue et s'apercevoir que l'intersection suivante n'est pas telle qu'il se la rappelait - mais il est déjà trop tard. Ceux qui pensent que la Dame des Douleurs en a après eux - les rusés et les ambitieux - s'essaient à toutes sortes de stratagèmes habiles pour déjouer ses pièges. Certains ne quittent jamais leur palais, d'autres ne se déplacent qu'en groupe ; mais ils finissent toujours par échouer. Tôt ou tard, un lascar traverse un couloir vide de son palais et se retrouve dans un dédale de pièces qu'il ne connaissait pas ; ou bien il tourne le dos à ses amis un instant, et lorsqu'il regarde par-dessus son épaule ils ont tous disparu. Les Dédales rattrapent toujours leur bougre, quelque prudence dont celui-ci fasse preuve. Mais projeter ses rivaux dans l'Éther profond ne suffit pas à la Dame des Douleurs. Chaque petite portion des Dédales est scellée de façon à ce qu'on puisse y pénétrer à l'aide d'un sort, mais pas en ressortir. Ainsi, les prisonniers disposent toujours d'eau et de nourriture en quantité suffisante - afin qu'ils ne meurent pas de faim, ce qui leur permettrait d'échapper à leur supplice.
Les dabusLes dabus sont à la fois Ies serviteurs et les seigneurs de Sigil. Ils constituent une race propre à la Cage, que l'on ne peut trouver dans aucun autre plan. En d'autres termes, ils ne quittent jamais Sigil. C'est la raison pour laquelle les affranchis supposent qu'ils sont une manifestation vivante de la cité, ce qui peut se concevoir dans la mesure où ils effectuent la maintenance de l'infrastructure qui fait fonctionner celle-ci. Les dabus passent la majeure partie de leur temps à réparer ce qui est cassé dans Sigil. Ils empêchent les égouts et les catacombes de s'effondrer, ils coupent régulièrement le lierre-rasoir, ils comblent les trous dans la chaussée et ils ravalent les façades des bâtiments. Pour la majorité des habitants, ils ne sont rien de plus que de mystérieux ouvriers. Le code de conduiteQue doit faire un affranchi pour éviter d'attirer l'attention de la Dame des Douleurs ? Quelles sont les lois de Sigil ? Trop de meurtres et de crimes rendent les Sigliens nerveux et effrayés, et les poussent à se demander si la Dame a réellement les moyens de les protéger. Il n'est donc pas étonnant que les dabus traquent impitoyablement les criminels en série. On ne peut détenir de pouvoir durable qu'en rendant son peuple heureux. Il semblerait naturel que la Dame considère les factions comme une menace envers son autorité. Après tout, chacune d'entre elles a sa propre idée de ce qui est bon ou non pour Sigil ; et l'idée en question n'inclut pas forcément la Dame des Douleurs au sommet de la hiérarchie. Et de fait, si les factions poussent le bouchon trop loin, la Dame les écrasera comme des insectes. Mais leurs factols sont assez sages pour se rendre compte que Sigil est un refuge sûr contre leurs ennemis (en plus de l'intérêt que présentent ses portails), et que s'en faire expulser ne serait pas une bonne idée. Les philosophies qui s'attaquent ouvertement à la puissance de la Dame ont droit à un Dédale rien que pour elles.
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