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D'abord, le péquin entend la musique : des tonalités douces et calmes résonnant à travers le Quartier de La Dame, attirant les oreilles de chaque bige, leur murmurant d'approcher. En fond musical, un doux soprano chante des ballades hantées en parfaite harmonie.
Enfoncez-vous dans le quartier, et la voix flûtée et la musique hypnotisante se feront plus fortes, plus claires, comme une symphonie éthérée qui attire les curieux jusqu'à sa source : la Fontaine Chantante. S'affalant noblement entre les Cours de Justice, le Palais du Bouffon et la Taverne des Douze Factols, la fontaine est une véritable merveille. Au-dessus d'un bassin de pierre circulaire d'une trentaine de mètres de diamètre, s'élèvent vers le ciel une douzaine de petits bassins de métal, chacun récupérant l'eau tombante des bassins du dessus. Les bassins résonnent d'une mélodie musicale incomparable, mélanges délicats de violons et de chants ; en plein épanouissement, c'est aussi apaisant que les chœurs célestes. Mais peu importe comment résonnent les mélodies dans les os d'un péquin, c'est la prêtresse Marianne la Noire qui l'attire avec ses chants. Et seule Marianne la Noire peut voir - ou plus correctement entendre - l'avenir de ceux qui s'abreuvent à la fontaine.
Aucun affranchi de Sigil ne peut se souvenir d'un temps où Marianne la Noire n'était pas la gardienne de la Fontaine (en fait, certains pourraient le savoir, mais ils choisissent de ne pas en parler). Pourtant, la svelte prêtresse de Bragi a l'air d'avoir à peine une trentaine d'années, avec une peau fraîche d'un blanc laiteux qui scintille avec les reflets des ondulations du bassin. (Quelques quoquerets pensent que l'eau de la fontaine doit être un élixir de jouvence, mais une telle chose n'a jamais été prouvée). Gracieuse et agile, la prêtresse glisse aussi librement qu'un feu-follet dans un ample manteau blanc. Sa délicate chevelure de lin coule comme une capuche soyeuse retombant jusqu'au milieu de son dos. En fait, seuls ses grands yeux - dont la pupille et l'iris partagent la même couleur sombre et froide de l'ébène - justifient son nom.
Lorsque les plumes vert-gris pâles des pigeons de Sigil obstruent le bassin de la fontaine - troublant sa parfaite mélodie avec des accords plaintifs et discordants - Marianne les ramasse et les sèche. A l'occasion, elle en donne une ou deux aux bougres qui viennent écouter la musique ; ils sont grandement honorés par le cadeau. Bien sur, elle accroche en général les plumes à son manteau et les met dans ses cheveux. Lorsqu'il fait chaud, quand les pigeons se regroupent en masse autour de la fontaine de temps en temps, chaque jour, Marianne est tellement recouverte de plumes qu'elle ressemble plus à une dame des cygnes qu'à une humaine. Certains prétendent que Marianne est plus qu'une humaine. Sa voix chantante enchanterait même une sirène ; La chasseuse Adamok Ebon la compare au son hypnotique des baleines et des requins-chanteurs qui nagent dans le Fleuve Océan.
Lorsque Marianne - une adoratrice du dieu de la musique - entretient la fontaine, elle oscille tel un nuage et chante de somptueuses ballades irrésistibles, en délicate harmonie avec la musique des bassins. De temps en temps, elle agrémente ses "prestations" avec une variante du sort discours captivant, qui garanti une audience enthousiaste pour la durée de la chanson. Mais même sans sorts, la séduisante diversité des sons attire la foule par douzaines chaque jour.
Les plumes ne sont pas la seule chose que ces pigeons laissent tomber dans l'eau. - Un bige refusant la louche d'argent de Marianne

La prêtresse se considère comme une amuseuse publique ; elle dépend de son auditoire pour vivre. Pour quelques sous, elle devine le futur de quiconque boit dans l'eau du bassin (si un client rechigne sur les plumes flottantes, elle peut lancer un sort de purification de la nourriture et des boissons). Elle garde une louche en argent accrochée à sa ceinture, sous son manteau ; quand un client s'avance, il prend la louche, la plonge dans le bassin, et bois la tasse. Lorsqu'ensuite il ouvre sa bouche pour parler, une merveilleuse musique se produit à la place des mots - tout comme celle qu'on entend à la Fontaine Chantante. Les nouveaux venus dans la foule halètent habituellement à ce moment-là, mais Marianne leur ordonne de se taire d'un geste de la main. Après quelque temps passé à écouter, Marianne entend dans la musique le futur des clients et le leur murmure à l'oreille. Une donation de 5 pièces d'argent permet au bige de connaître des renseignements sur la prochaine journée, de 25 pièces pour la semaine suivante, et de 50 pièces le mois suivant.
Comment cela fonctionne-t-il ? Avec un air doux et mystérieux, Marianne sourit simplement à de telles questions. "La connaissance appartient à Bragi" murmure-t-elle quelquefois. "Il la partage simplement avec moi." Bien sûr, tous les locaux ne sont pas convaincus ; quelques-uns pensent que Marianne est une incarnation des Nornes, des divinités nordiques qui demeurent en Outreterre. Ces mêmes lascars affirment que la Fontaine Chantante est en quelque sorte reliée au Puit d'Urd des Nornes - peut-être par un portail au fond du bassin (bien que personne ne s'y rende avec une clé de portail). Ceux qui croient cela s'avisent de ne jamais croiser la route de Marianne, de peur que le destin puisse les punir s'ils le font. Et ils ne boivent jamais à la fontaine, conscients des récits de mise en garde prétendant que les bougres qui examinent le Puit d'Urd en viennent à regretter de l'avoir fait.
Mais tout le monde ne considère pas cette lumineuse femme au mince murmure comme une menace. Toute foule se prévaut de quelques biges désireux d'acheter le futur avec quelques pièces. Bon nombre de personnes - spécialement ceux qui ont un procès aux Cours de Justice, non loin - le font juste pour se porter chance. En fait, "chanter avec la fontaine" est devenu une espèce de rituel pour beaucoup de voyageurs qui passent dans le Quartier de La Dame, particulièrement lorsqu'ils ont besoin de chance. La douceur de Marianne et sa façon d'aborder les gens lui garantissent des affaires fructueuses ; lorsqu'elle sourit, chaque bige dans la foule a l'impression que ça lui est adressé. Quelquefois, un des sourires ou une des chansons de Marianne s'adresse à un matois en particulier.
Les espions et les détectives de la Cage se servent de Marianne pour divulguer par va-et-vient des secrets, l'embauchant pour glisser des messages dans ses ballades. De temps en temps, elle refourguera même à un courrier habituel quelques paroles destinées à un aventurier qui ne croient pas ses messages. Et les célestes qui vendent de façon cachée des armes pour la Guerre Sanglante - Koe, Tripicus et Cirily - confient à la prêtresse des messages secrets pour leurs clients, leurs fournisseurs, et les uns les autres. (C'est grâce à eux que Marianne a obtenu la masse de disruption ; ils ont pensé que cela l'aiderait contre toutes sortes de fiélons qui chercherait des problèmes à propos d'une livraison ou d'un paiement). Marianne demande peu en retour, persuadée que transmettre des connaissances à travers les chansons est une forme de dévotion à Bragi. Bien entendu, Marianne n'accepte pas de travail venant de biges mauvais, utilisant au besoin un sort de connaissance des alignements afin de mieux connaître les employeurs potentiels. La plupart des bougres dans la foule ne pourraient pas comprendre les messages secrets de Marianne, même s'ils en savaient assez pour essayer. La prêtresse enseveli ses messages sous tellement de métaphores et d'images que parfois, même leurs destinataires n'arrivent pas à saisir le soltif. Bien qu'elle ne cherche pas à embrouiller les auditeurs, leur perplexité déclenche souvent un léger sourire sur ses lèvres. (Après tout, si un bougre est trop niais pour comprendre le message, il n'est pas de son devoir de l'éclairer).
Avec le jonc qu'elle collecte grâce à ses prédictions, Marianne s'achète un repas et loue une petite chambre chaque après-midi à l'une des nombreuses auberges proches de la fontaine. Depuis peu, sa guitoune préférée est la Perruque Poussiéreuse, une pension pour les juges et les avocats qui ont besoin de se terrer à proximité des Cours de Justice pour leurs tâches matinales. En fait, le propriétaire de l'auberge, Bialla (planaire/demi-elfe/Adorateurs de la Source/Loyal Neutre), garde toujours une chambre pour sa camarade de faction, que Marianne se montre ou non.
Peu importe où elle demeure, chaque matin la prêtresse prend ce qui lui reste de jonc et se rend dans la Ruche où elle le donne aux pauvres ou aux Mornistes (artistes Mornés) qui luttent pour trouver leurs muses. Elle a l'habitude de mettre quelques douzaines de pièces dans le chapeau des jumeaux fensirs, Morvun et Phineas. Morvun est persuadé que Marianne est impuissamment éprise par ses vers tiraillants, mais c'est l'accompagnement mélancolique de son frère sur les crânes hurleurs et les percussions méphits qui retiennent véritablement l'attention de la voyante. Une fois qu'elle a vidé ses poches, Marianne retourne à la Fontaine Chantante dans le Quartier de La Dame. Là, elle commence à nettoyer les plumes de la nuit et autres détritus dans l'eau, préparant la venue de nouvelles foules.
La prêtresse entretient de plus ou moins bonnes relations avec les commerçants du voisinage, excepté avec un lascar particulièrement ingrat - Autochon le Sonneur de Cloches. Au début, lorsque Marianne appris qu'il avait dans sa besace un petit répertoire d'insultes à son égard, elle pensait que le bige était juste agacé qu'elle fasse beaucoup de bruit (ce qu'il reproche à tout le monde). Autochon doit déjà lutter contre le fait d'être devenu un tintement de cloche ambulant - louée soit l'armure que Shemeska la Maraudeuse lui a donné - sans parler du tintement de cloche, distant mais interminable, provenant du Temple des Abysses. Bien sûr, c'est un soltif pour la plupart des gens du Quartier ; ils savent juste qu'Autochon a une migraine perpétuelle et aime que les choses restent calmes. Mais la vraie raison de sa colère n'est pas du fait que Marianne chante - mais plutôt ce qu'elle chante. Lorsqu'elle transmet des soltifs à travers ses chants, Autochon considère simplement cela comme une façon ô combien intelligente de capoter son service de courrier. Après tout, il est réputé être le meilleur messager de la cité - demandez à Autochon. Qui plus est, comme Marianne ne se soucient pas de gagner du jonc ou de perdre son commerce, elle ne peut pas être mise en faillite, comme le sont de nombreux concurrents d'Autochon (d'une manière ou d'une autre).
Marianne est consciente de la frustration que le Sonneur de Cloche a vis-à-vis d'elle ; elle est quasiment certaine qu'il est (lui ou un des ses lascars) le responsable d'un bon nombre de problèmes étranges qui l'ont ciblé depuis quelques temps. Par exemple, elle est revenue récemment d'une nuit de repos à la Perruque Poussiéreuse pour retrouver la Fontaine Chantante complètement bouchée par des plumes. Seul un petit son étouffé provenait de ses bassins obstrués. Une telle accumulation conséquente de plumes durant la nuit était suffisante pour rendre quiconque méfieux. Mais le fait que de nombreuses plumes n'appartenaient pas du tout à des pigeons, mais à une variété d'oiseaux exotiques - wastrels, simpathétiques, et autres jamais vu à Sigil avant ou après - lui ont fait réaliser qu'il s'agissait d'un mauvais coup. Bien sûr, cette affaire à la fontaine n'arrêta pas Marianne très longtemps. Presque tous les bougres du Quartier de La Dame remarquèrent que la musique quotidienne s'était estompée, et la moitié d'entre eux se frayèrent un chemin à la fontaine pour voir ce qu'il s'était passé. Les habitués de sa foule se mirent à l'oeuvre pour nettoyer les bassins, de même que les propriétaires des boutiques et des guitounes alentours (la musique de la fontaine est bonne pour les affaires). Quand le travail fut terminé, nombreux prétendirent que la fontaine et Marianne n'avaient jamais retentit aussi magnifiquement.
Malheureusement, Autochon n'est pas le seul bige à venir troubler la prêtresse. Le baratineur en chef Harys Hatchis est toujours malvenu dans un spectacle aussi public que celui-ci. Cet homme nerveux est tellement agité, si bruyant et si passionné qu'il a poussé les nerfs de Marianne à bouts, d'ordinaire imperturbable. Une ou deux fois par jour, il s'arrête à la fontaine et se faufile dans le rassemblement de la foule pour voir les divertissements de Marianne. Elle sait toujours quand il est là en plus, par ses incomparables réactions exubérantes lorsqu'elle termine un chant ou une prédiction. Bien entendu, c'est le bige le plus bruyant, quelque soit le groupe, sifflant de manière stridente et applaudissant avec ses bras au dessus de sa tête. En fait, Harys essaye de convaincre Marianne de bosser pour lui, à chanter des refrains promotionnels pour ses clients dans sa foule. "Marianne," lui murmure-t-il, "tu pourrais vendre de la vertu à un deva !" (Elle ne prend pas ça pour un compliment).
Bien qu'elle passe ses journées en public en étant chaleureuse et d'une présence accueillante, Marianne est plus ou moins une solitaire. Ses soi-disant amants qui s'en sont approchés assez près pour voir attentivement dans ses yeux se détournaient en frissonnant, marmonnant qu'ils avaient vu le multivers entier les contempler en retour. Le soltif de tout ça c'est que les étranges yeux de Marianne - grands, marbrés de noir dans un ovale de crème - sont un lien vers une vie antérieure. Avant son actuelle incarnation, Marianne - une Homme-Dieu qui croit que la vraie ascension ne se fait qu'après une multitude de vies fructueuses - nageait dans le Fleuve Océan en tant que dauphin. Les dauphins, ou les requins-chanteurs, sont des créatures exquises dont les chants sont connus pour répandre la sagesse des plans à ceux qui s'accordent à ses significations. La Fontaine Chantante est elle-même reliée aux douces eaux d'Océan via un fil de gaze - ce qui explique ses propriétés mystiques et musicales - et Marianne s'est vue elle-même attirée par l'édifice tel un papillon par la lumière. Bien que la prêtresse croie sincèrement que ses pouvoirs de divination lui viennent de Bragi, il lui arrive occasionnellement d'être hantée par des rêves brumeux de son ancienne vie.
Marianne la Noire (Planaire/humaine/prêtresse 5 (Bragi)/Adorateurs de la Source/N)
CA 10 ; VD 12 ; Pv 32 ; TACO 18 (17 avec sa masse) ; #AT 1 ; Dég 1d6+1 aux créatures non-mauvaises, 5d4 aux mauvaises (masse) ; AS masse, sorts ; DS bonus aux jets de sauvegarde, bonus de Charisme, prédire l'avenir ; Faiblesses Spécifiques restrictions de faction ; TA M (1m65) ; NM stable (12) ; PX 650. Notes : AS - sur une attaque réussie avec sa masse de disruption, elle détruit (si le jet de sauvegarde échoue) ou inflige doubles dégâts (en cas de jet de sauvegarde réussi) aux morts-vivants ou aux créatures mauvaises des Plans Inférieurs. DS - +2 aux jets de sauvegarde contre les sorts affectant l'esprit (grâce à la Sagesse) ; +5 aux ajustements de réaction (grâce au Charisme). Marianne la Noire connait le futur de toute personne qui boit à la Fontaine Chantante. Le MD doit traiter cette capacité comme le pouvoir psionique de précognition ou utiliser cette capacité pour lancer les PJ dans une aventure. Faiblesse Spécifique : en tant qu'Homme-Dieu, Marianne peut être réincarnée mais pas ressuscitée ni rappelée à la vie ; subit un malus de -1 à tous les jets de sauvegarde du fait de son adoration à une puissance spécifique. For 10, Dex 12, Con 11, Int 13, Sag 16, Cha 16. Personnalité : théâtrale, séduisante, gentille. Equipement spécial : louche en argent, masse de disruption +1. Pouvoir accordé : en tant que prêtresse de Bragi, Marianne la Noire a une mémoire infaillible et peut se souvenir de tout ce qu'elle a entendu (ce qui fait d'elle une excellente messagère). Bénéfices de faction : +2 d'ajustement de réaction lorsqu'elle rencontre des planaires (en plus du bonus de Charisme). Sorts (5/5/1)* : 1er - soin des blessures légères, détection de la magie, protection du mal, purification de la nourriture et des boissons, apaisement ; 2ème - augure, peau d'écorce, discours captivant, connaissance des alignements, immobilisation des personnes ; 3ème - localisation d'un objet. * Inclue les sorts en bonus dus à sa Sagesse de 16. Emplacement : à la Fontaine Chantante, dans le Quartier de La Dame (la journée) ; et dans une quelconque proche auberge (la nuit). Interprétation : Marianne la Noire se présente comme une voyante intelligente et mystérieuse qui parle doucement. Elle attire les passants avec son chant, et "travaille la foule" à la manière conviviale d'une oratrice avertie. Combat : si elle est attaquée, elle se protège avec une peau d'écorce et tente de dissuader son agresseur avec immobilisation des personnes, recourant à sa masse de disruption si nécessaire. Si elle est attaquée en public, un admirateur (guerrier de niveau 1d6+2) viendra à son secours dans 75% des cas.
Voir les caractéristiques D&D3.5
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